Burundais, burundaises…
« Revalorisons notre culture ! »
Le Burundi, petit pays, est mal connu à l’extérieur. Sur le mappe monde, ce n’est qu’un point minuscule. Sur la carte de l’Afrique, il ne présente pas assez de place pour écrire son nom à trois syllabes. Et cependant, le Burundi a un grand passé et un bel avenir, par ailleurs, il est loin d’être dépourvu de richesses matérielles, folkloriques, culturelles, tant s’en faut !
Le Burundi par sa richesse des hommes, il a réussi à les initier à une culture très bien spécifiée.
L’art et la culture peuvent être une panacée pour le développement, tant économiques que culturel. Ainsi, serait-il réconfortant de voir le gouvernement actuel mettre tout en œuvre pour favoriser le développement de l’artisanat, du folklore et de l’art en général, dans leur expression les plus authentiquement nationale. L’art y gagnerait sans doute, les hommes aussi.
Où se situe exactement le problème ?
La société burundaise (actuelle) banalise, ou ne met pas suffisamment en valeur sa culture. L’Etat aussi n’en est pas moindre !
Cette manie des mœurs légère ne peut laisser personne indifférent. Elle se manifeste, profondément chez les jeunes (surtout ceux de Bujumbura), qui, avec mégarde, peut les déstabiliser, les dénaturer, pour enfin les rendre des aliénés. Qui n’auront plus d’identité culturelle.
J’ai souvenance de mon professeur Ernest NAHIMANA, qui nous raconté son voyage sportif au Rwanda. Il nous a affirmé qu’à peine dépasser la Kanyaru (frontière Burundi-Rwanda) ses compagnons de voyage avait étonnamment changé leurs langage et leurs intonations. Elles étaient devenues rwandaises ce qui lui a étonné, et qui a suscité, chez moi aussi, une grande désolation de ce mythe de l’exotisme plus croissante alors actuellement.
Notre culture, notre art sont tellement expressifs, riches, qu’il serait regrettable de s’en détacher.
Prenons par exemple, l’art le plus traditionnel, du moins le plus représentatif du Burundi, celui du tambour. Il s’exécute et opère la synthèse de la musique, de l’opéra, de la poésie et de la danse, même temps. Échelonnés par ordre de grandeur, frappés en divers endroits de leur surface, les tambours, en se répondant les uns les autres, forment un véritable orchestre. L’impression de force extrême qui se dégage de ses sourdes résonances alternant avec le claquement sec des baguettes frappées sur le bois des instruments, contraste avec la grâce à un peu fragile des autres formes d’expression artistique.
Cette richesse, artistique, folklorique et culturelle, que nous a léguée notre ancêtre préservons-là ! Tout le monde est appelé à la participation collective pour un bon consensus au redressement de notre culture. Cette culture, qui devra se développer en combinant dans l’harmonie la modernité et la tradition.
Signalons enfin que ce retour aux sources n’a en effet rien d’un passéisme nostalgique et sclérosé, il est au contraire l’expression d’un regain de vitalité ainsi que l’affirmation d’une identité et d’une unité retrouvées.
Par Dany-Didier MUGISHA
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